Saulcy-sur-Meurthe
La mémoire de la commune
Saulcy-sur-Meurthe est une commune française située dans le département des Vosges en région Grand Est. Ses habitants sont appelés les Salixiens.
Au fil de l’histoire
La lente reconstruction quasi intégrale de Saulcy-sur-Meurthe, après les destructions de novembre 1944 et la préconisation des architectes de raser les ruines et autres demeures d'habitation en partie éboulées, largement appliquée, a modifié considérablement les installations et les repères de la commune antérieure. L'étude de la photographie aérienne de 1935 permet de retrouver non seulement la vieille route traversant le vieux Saulcy en rive droite et se dirigeant vers le Paire, ancien hameau partagé et en limite avec Sainte-Marguerite, mais aussi l'ancienne église (non reconstruite après 1945 et transformée en entrepôt ou local municipal), la mairie (non reconstruite), la grande usine de tissage (non reconstruite), l'ensemble des écoles détruit mais reconstruit et finalement préservé in situ, le petit séminaire etc. La mairie et l'église actuelles, construites ex nihilo après guerre, entérinent bien le déplacement du centre de gravité, désormais entre le ruisseau de l'Anoux et la rivière Meurthe, une ancienne terre de prairies humides dépourvues d'habitations villageoises autrefois. D'autre part, la croissance contemporaine du hameau des Cours, en rive gauche de la Meurthe et du ruisseau de l'Anoux, traversé par la grand route vers Anould et Fraize, puis par le rail vers Saint-Léonard, semble justifier ce rééquilibrage a posteriori.
Le vieux village de Saulcy, aux maisons parfois multiséculaires, dont il sera question avant 1944, peut se décrire comme un long village rue au début du XIXe siècle, ou encore comme une succession de hameaux et de maisons isolées, selon la carte de Cassini un siècle plus ancienne. Il est entièrement situé en rive droite de le Meurthe, sur un vieux chemin médiéval qui, ici sinuant entre des collines en sursaut et la plaine alluviale, relie Sainte-Marguerite, antique centre religieux, à Contramoulin et Bellegoutte, ou diverge entre-temps soit vers le village d'Entre-deux-Eaux ou vers les terres de Mandray, pour rejoindre dans les deux cas le vieux chemin Saint-Dié. Le Chênois ou Chesnois ne correspond qu'à une enclave juridictionnelle, limitée par deux chemins, au centre du vieux village étendu de Saulcy. Une boutade affirmait que les trois seigneurs de Saulcy pouvait festoyer à la même table à proximité de la vieille église, tout en étant chacun assis sur son territoire. Les trois parties de la seigneurie de Saulcy se nommaient alors la Varthe (La Warde ou La Varde), le Chesnois et le ban de Saulcy. La Varde, garde d'essence militaire pour le contrôle des routes relevait en général du duc de Lorraine suzerain, et le Chesnois au long d'un puissant canal amenant l'eau vers des installations hydrauliques relevait du chapitre de Saint-Dié. Le ban de Saulcy était souvent sous le contrôle de vassaux du duc, grand féodaux aptes à surveiller chemins et routes des grands bans montagnards voisins.
Un mémoire de 1188 atteste que le grand prévôt percevait à Saulcy 12 deniers sur les cens. Sa juridiction spirituelle lui offrait cinq sous pour le benedicti et six sous trois deniers pour les menues dîmes. En 1209, Gauthier et Woiry, fils de Hughes de Lebeuville, donne au chapitre, après assentiment du duc Ferry III, deux ménanties au finage du Moncel (ad Monsez) avec les hommes et leurs hoirs qui y vivent ou vivront. Le chapitre principal décimateur se réserve sur l'ensemble de la paroisse les grosses dîmes. Dans le cadre de la cure propre de Saulcy, elles s'élèvent dans les comptes du sonriat en 1398 à 58 muids de blé, et à cinq réseaux de fèves.
Saulcy désigne au treizième siècle, époque où est érigée la croix de chemin de Hadremont, une grande paroisse et un vaste ban, rassemblement de communautés de la grande vallée de la rivière Meurthe, dans le Val de Galilée, "galilée" rappelant la galerie dite "cloître" du chapitre de Saint-Dié. Le Chesnois est le siège d'un doyenné, gérant sous l'autorité du sonriat du Val et de la Ville, les ultimes parts seigneuriales du chapitre de Saint-Dié, terres spécifiques où le chapitre s'affiche encore haut, moyen et bas justicier. Toutefois les autres familles habitantes sont assujetties à plusieurs co-seigneurs, parmi lesquels figurent les maisons alsaciennes de Marches jusqu'au XVe siècle ou de Ribeaupierre jusqu'au XVIe siècle, longtemps vassales du duc de Lorraine, ou encore à l'origine la maison lorraine des Parroye, installée précocement pour protéger les intérêts ducaux sur le ban Saint-Dié à partir de Taintrux et Robache, au XIe siècle.
En janvier 1483, les archives du duché de Lorraine attestent d'un appointement entre Sa majesté le Duc de Lorraine et le sieur de Ribeaupierre, concernant sa seigneurie du ban de Fraize et Saulcy.
Les origines du nom
Alors que Charles Charton se limite à citer l'ancien toponyme latinisé dans le Pouillé Chatrian en 1768 Salicetum et l'appellation contemporaine Saulcy-sur-Meurthe divulguée par nombres d'écrits savants vers 1840, Pierre Estivandier, oubliant de citer ses diverses sources, abonde en relevant 28 mentions anciennes du toponyme associé à la localité (village, paroisse, ban, domaine seigneurial, garde ou warde, jardins ou wardeins etc.) depuis son origine jusqu'en 1854. Le nom de la localité est attesté sous les formes Salzeis (1188); Saucis (1219) ; Sauscis (1290) ; Ban de Sauciz (1290) ; A Sacis et au ban (1284) ; Bans de Sasis (XIIIe siècle ; Sacei (vers 1300) ; Sancis (1309) ; Saucilz (1342) ; Saucil (1357) ; Salcis (1360) ; Sassis (1373) ; Salsy (1390) ; Salcy (1394) ; Saucy (1400) ; Sautix, Sauctix (1402) ; Saulcy, Sacy, Saucis (XIVe siècle) ; Salciis (1412) ; Sachsiss (1419) ; Sacy (1428 ) ; Saulci (1428) ; Salci (1456) ;
Un patrimoine à découvrir
Cette mine se trouve au pied du massif du Kemberg. Probablement commencée dès l'époque médiévale, elle a connu son apogée au XVIe siècle et a été reprise pour une courte période au début du XVIIe siècle.
Un château médiéval existait à Saulcy. Il était propriété de la famille de Bassompierre. Racheté en 1932 par l'archevêché de Saint-Dié, il abrita dans son parc le petit séminaire diocésain baptisé du nom de Louis-de-Gonzague.
Siège de la Gestapo et de la Kommandantur en 1940, en juin 1944, trois généraux allemands y installèrent leur quartier général. En novembre de la même année, l'occupant dynamita le château avant son repli, entraînant l'incendie du séminaire.
Seul l'ancien séminaire fut réhabilité par le groupe Boussac en 1960 avant d'être revendu à la commune qui l'a rénové. Une partie est depuis à usage d'habitation.
L'église paroissiale Saint-Jean-Baptiste, conçue par l'architecte François Boleslas de Jankowski (1889-1972), nommé en 1945, par le Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, Architecte urbaniste des communes sinistrées de la Vallée de la Meurthe.
Ancienne chapelle provisoire (modèle de construction provisoire], sise rue de la Planchette, aujourd’hui transformée en local technique.
Monuments commémoratifs :
La nécropole nationale de Saulcy-sur-Meurthe est un cimetière militaire français situé un peu à l'extérieur de la localité, sur une hauteur, au milieu des sapins.
Les 2 565 corps, dont 1 174 réunis en deux ossuaires, proviennent des cimetières de guerre du col du Bonhomme, de la Schlucht, de Gérardmer, de Mandray, du Valtin ou de La Croix-aux-Mines. Ils ont été regroupés pendant et après la Première Guerre mondiale.
Des vies liées à la commune
Léonie de Bazelaire de Ruppierre (1857-1926), peintre et écrivain. Bien que née à Sainte-Marguerite, elle a vécu son enfance à Saulcy-sur-Meurthe, où son grand-père, grand propriétaire terrien, était maire.
L'aviateur René Fonck (1894-1953), as des as français de la Première Guerre mondiale avec soixante-quinze victoires officielles, puis député des Vosges, a été inhumé dans le cimetière communal. Il avait pris l'habitude d'atterrir pendant la Grande Guerre avec son avion de reconnaissance sur un vaste pré devant la ferme de la "Poule qui boit" pour se restaurer et se reposer chez ses amis salixiens.
Loann LV (2004-présent), youtubeur et entrepreneur français.
Le paysage et le village
C'est la première agglomération traversée par la D 415 en quittant Saint-Dié-des-Vosges par la voie rapide en direction de Gérardmer ou de Colmar. Le trafic important génère parfois des bouchons, particulièrement en fin de week-end mais le remplacement des feux tricolores par un giratoire a rendu la circulation plus fluide.
L'habitat déterminé depuis deux siècles par cet axe principal, doublé d'une voie ferrée depuis 1875, aujourd'hui anecdotique, est encore assez dispersé, bordant l'ancienne nationale, la départementale D 58 et les voies menant aux quartiers de Claingoutte, du Moncel ou d'Anozel. Seuls les hameaux des Censes et du Pair, au nord respectivement en rive gauche et droite sur des terrasses alluviales de la haute vallée de Meurthe, se détachent réellement de l'agglomération reconstruite après guerre.



